COMUE vs Association

Si vous voulez un transfert massif de compétences vers une structure nouvelle, placée au-dessus des universités actuellement existantes, si vous voulez que le gouvernement de cette structure soit confié à des conseils dans lesquels les membres du personnel ne seront pas majoritaires, si vous acceptez que la gestion des ressources humaines soit « délocalisée » à ce nouveau niveau et que les personnels puissent être indifféremment affectés à l’une ou l’autre des composantes de la COMUE comme le savent déjà les personnels ITA et BIATS, si cela ne vous pose aucun problème que la seule raison avouée pour créer une telle structure soit la recherche d’éligibilité à d’éventuelles subventions d’excellence (voire éventuellement de gagner quelques places dans l’un ou l’autre des classements internationaux), si vous tenez qu’il va de soi que les régions se mêlent de déterminer la politique de formation et de recherche, si vous voulez devancer les desiderata des ministères passés, présents et à venir sur la « simplification » de la carte française des universités, si vous considérez que le « réalisme » c’est l’acceptation du cadre qui nous est imposé de l’extérieur y compris quand ceux qui nous l’imposent nous laissent accidentellement une possibilité d’y échapper, si enfin vous voulez contribuer à la grande concurrence entre les nouvelles structures et à une guerre sans merci entre elles pour gagner une plus grande reconnaissance des classements, des ministres et des marchés, alors n’hésitez pas et prenez parti pour les COMUE !

En revanche, si vous pensez qu’il existe une possibilité de préserver des formes de collaboration paritaires entre les institutions, si vous pensez que les gouvernants qui sont plus proches dans l’espace des gouvernés ont une propension moindre à les oublier, si vous considérez que ce n’est pas une mauvaise chose de pouvoir connaître ceux qui prennent les décisions, voire (soyons fous !) de discuter avec eux des décisions à prendre, si vous croyez que l’objectif d’une université n’est pas d’atteindre une mythique « masse critique » ni d’avoir une place dans un classement, si vous n’êtes pas sûrs que l’obtention d’une IDEX changera la qualité de la formation et de la recherche dans votre université, si vous avez compris que la construction de structures indéfiniment extensibles ne fait pas faire d’économies d’échelles mais induit des dépenses supplémentaires, si vous croyez que la voie de l’ASSOCIATION vaut la peine d’être envisagée et que sa rationalité n’est pas moindre que celle de l’acquiescement passif aux injonctions verticales, ou si vous vous dites tout simplement qu’il vaut mieux s’associer (en pouvant revenir en arrière) qu’entrer en « communauté » de façon irréversible, alors demandez tout simplement au moins que l’on réfléchisse dans votre établissement à la possibilité de conclure une ASSOCIATION.

L’ASSOCIATION n’est certes pas pour nous la forme idéale de coopération au sein de l’ESR : elle s’inscrit dans une logique de site qui peut se révéler réductrice, voire destructrice quand la vie scientifique exige des collaborations multiples nouées à de multiples niveaux. Mais à l’heure de la marche folle vers les fusions, elle représente un moyen de mettre en question des processus présentés à dessein comme inéluctables quand ils sont seulement désastreux pour l’enseignement et la recherche dans notre pays.

Sauvons l’université !
Newsletter n°41, 25 janvier 2014

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