Enfin une politique claire de la présidence : Décupler la crise !

Pour une Autre Université – Conseil d’administration du 22 novembre 2013

Enfin une politique claire de la présidence : Décupler la crise !

Le président mis en minorité en CA

A l’ouverture du CA, le président a proposé qu’un point soit fait en fin de séance sur la situation de l’établissement et l’organisation du congrès qui devait avoir lieu la veille. Le président a même promis de rester jusqu’à la fin du CA pour ces échanges, ce qui pourrait être pris avec humour (*) si la situation de notre établissement n’était pas si grave. Plusieurs élus – PAU et CEC – ont demandé à ce que ce point passe en tout début d’ordre du jour en raison de son importance et de la nécessité de prendre tout le temps nécessaire à son traitement pendant que l’ensemble des membres du CA étaient présents. Le président n’a pas accédé à cette requête mais a indiqué qu’elle serait mise aux voix (le vote a eu lieu à bulletin secret sur demande d’un élu). En dépit de la présence renforcée des membres extérieurs, munis de procurations pour certains d’entre eux, le président a été mis en minorité par 13 voix contre 12 (et un vote blanc). Les deux premières heures de ce CA ont ainsi été consacrées à la « situation à Lyon 2 », entendue de manière très large, point sur lequel nous sommes revenus en fin de séance après avoir traité l’ordre du jour initialement prévu.

La journée du 21 novembre : une gestion de crise irresponsable

Nombreux sont les élus (étudiants, Biatss, EC) qui ont souhaité revenir sur les événements de la veille, pour ne pas laisser le président donner seul sa version des faits. Tous se sont accordés pour considérer que les violences commises le 21 novembre à l’occasion de ce congrès – qui n’a pas eu lieu – étaient inacceptables, tout comme les dégradations de matériel ou de locaux. Néanmoins, les élus PAU considèrent aussi que la réponse apportée à l’intrusion d’étudiants dans le Grand amphi puis dans le bâtiment de la présidence n’était ni fondée, ni responsable. A aucun moment le président ou l’un de ses vice-présidents n’a échangé avec les étudiants ou n’est venu, tout simplement, leur expliquer pourquoi la discussion n’était pas envisageable dans ces conditions. Au lieu de cela, un agent de sécurité a été mis dans la situation délicate de tenir le rôle d’intermédiaire entre des étudiants dans l’attente d’un échange politique et une présidence muette. A aucun moment il n’a été donné suite à la demande des étudiants, relayée par plusieurs élus CEC et PAU, d’obtenir une salle pour tenir une assemblée ailleurs que dans le bâtiment de la présidence, sur le palier du 1er étage. A aucun moment la présidence ne s’est souciée de l’évolution de la situation dans le bâtiment Erato. Au moment où les forces de l’ordre sont intervenues, elles ont eu affaire à une assemblée d’étudiants assis terminant – certains partaient déjà – de discuter et de voter une motion. Les élus qui ont jugé nécessaire et responsable, au vu de l’épisode de tension qui avait précédé, de rester auprès des étudiants qui s’étaient introduits dans le bâtiment de la présidence, ont tous constaté que la tension était retombée et que la situation était apaisée. La présidence peut certes considérer que « la ligne rouge » avait été franchie à 11h57, lorsque des incidents ont eu lieu. Mais il n’est pas acceptable, dans une situation de tension et à des fonctions de responsabilité, en guise de gestion de crise, de se retrancher dans le silence. Rien n’a été fait par la présidence pour tenter de répondre à la situation autrement que par le recours aux forces de l’ordre.

De la « crise » au « délitement » : où va l’établissement ?

La discussion a aussi porté sur la « crise » dont il devait être question lors du congrès du 21 novembre, celle qui touche nos instances et, en premier lieu, l’équipe présidentielle. La mise en minorité du président sur l’ordre du jour s’explique par la volonté de certains élus CEC de sortir du silence. Plusieurs d’entre eux ont resitué la démission de 3 VP (Personnels, Recherche, Etudes) dans le cadre de profonds désaccords politiques, ont condamné l’absence de collégialité au sein de l’équipe mais surtout l’absence d’orientation claire pour notre établissement. Pour ces élus, le « délitement » de l’équipe en place est aussi la marque de l’échec de l’alliance entre les listes « Choisir ensemble » et « Confluences ».

PAU ne s’étonne guère de l’éclatement de cette alliance improbable (dont les lignes de fracture ne suivent pas strictement les étiquettes des listes). Nous avions pointé très tôt ce risque d’un rassemblement sans consistance politique (**). Nous regrettons que ces divergences, apparues il y a plusieurs mois déjà, ne se soient pas exprimées auparavant et que des élus se soient résignés à suivre et à voter des orientations qu’ils désapprouvaient pourtant. Une réaction plus prompte eût permis de limiter l’ampleur du désastre. Car notre établissement est aujourd’hui en grande détresse : absence complète d’orientation en matière de formation et de recherche, désintégration de toute politique d’établissement au profit d’une mise en concurrence des composantes, désorganisation des services, retard sur toutes les procédures (plus d’un mois pour les recrutements !), opacité sur la Communauté d’universités et d’établissements, absence de position claire de Lyon 2 dans les groupes de travail… Dans le contexte de préparation de cette Communauté, la faiblesse de notre université est dramatique.

Tandis que PAU tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois déjà, la présidence est restée muette: pas un mot sur la démission de Florence Debord et son non-remplacement, aucune communication officielle sur la démission d’Isabelle Lefort… Muette jusqu’à cette lettre envoyée à tous les étudiants et à tout le personnel le 17 novembre. Nous attendions depuis des mois que la présidence communique – de manière claire et sobre, responsable en somme – sur les problèmes que rencontre notre université. Nous avons reçu, au lieu de cela, une lettre alarmiste visant à culpabiliser, à faire peur, à discréditer, à salir… et non à apporter les explications qui étaient indispensables. Elle a eu pour effet de faire rire certains – sans doute son plus grand mérite – mais surtout de plonger notre communauté dans la plus grande confusion.

 Dans un scénario bien huilé, le congrès était précisément censé nous rassurer. La teneur des échanges que nous avons eu en CA amène malheureusement à en douter. Le président nous a annoncé le remplacement prochain des VP démissionnaires (Etudes et Personnels). Aucun nom n’a été avancé. Il est vrai que le contexte ne favorise guère les vocations. Mais surtout, dans un contexte où la majorité au CA ne semble plus acquise au président et où sa politique – ou son absence de politique – est de plus en plus contestée, ces remplacements ne tiendraient lieu que de rafistolages. Plus encore, les échanges que nous avons eus en CA à propos de la Communauté d’universités, également à l’ordre du jour du congrès, n’ont absolument rien de rassurant.

De quoi rassurer notre communauté sur la CUE : « Il n’y a pas de position de l’établissement » !

En fin de CA, les élus se sont attachés à tenter de percer quelques mystères de la préparation de la Communauté d’universités et d’établissements. Le président, après avoir indiqué qu’il souhaitait réserver la primeur de ces informations au Congrès, s’est lancé dans de longues considérations sur le dispositif des groupes de travail, sur leur fonctionnement, sur les stratégies des autres établissements, sur le processus complexe de la prise de décision… Tout cela pour nous indiquer que, dans la plupart des domaines, « rien n’est acté » (le leitmotiv présidentiel) et pour nous rappeler qu’en juin, il faudrait bien voter les statuts de cette CUE. Point de salut en dehors de la CUE : ce sera « ça sinon rien » !

 Les élus PAU ont rappelé que cette pratique du chantage était caractéristique des politiques de l’ESR depuis quelques années et ont insisté pour que l’on discute enfin de ce « ça » qui se préparait pour juin 2014. Quelles sont les positions défendues par notre établissement dans les groupes de travail ? Quels sont nos objectifs, en matière de formation, de recherche, de relations internationales ? Que défendons-nous, par exemple sur la question des doctorats, sur celle des formations en « doublons » sur le site, sur les mutualisations de services et sur les conséquences des regroupements sur les personnels…? La présidence n’a apporté aucune réponse à toutes ces questions, revenant en permanence sur le fonctionnement des groupes de travail au lieu de se saisir des questions de fond, nous expliquant qu’il était beaucoup trop compliqué d’en faire état et finissant par admettre qu’il n’y avait « pas de position de l’établissement » sur les aspects « recherche » de la CUE.

 Cette absence de position claire – sur la recherche comme sur le reste – est inadmissible. Nous ne saurions reprocher à ceux qui portent un projet de ne pas parvenir à le faire accepter par nos partenaires dans les groupes de travail. Mais l’absence de politique et d’orientation pour notre établissement n’est pas acceptable. Le président se lamente des « rumeurs » qui circulent dans notre établissement sur la CUE ; qu’il délivre des informations claires et les rumeurs cesseront. Il déplore que notre communauté s’en remette à un « chef sacrificiel » ; qu’il ouvre enfin le débat sur les orientations que notre établissement doit porter dans ces groupes de travail et ce seront des choix assumés collectivement dont il pourra se revendiquer. La démocratie et la collégialité font décidément bien peur à cette présidence !

Des problèmes substantiels éclipsés par la confusion institutionnelle

Dans le contexte de ce CA, les décisions concernant l’ordre du jour n’ont pas donné lieu à des débats très nourris. Pourtant, quelques points rapidement traités méritent de retenir l’attention. On relèvera ainsi que le CA, ne suivant pas l’avis du CEVU, s’est prononcé en faveur de la fermeture du couple sciences du langage / sciences de l’éducation en L1. Ce vote ne répond pas au problème soulevé par la faculté Lesla puisqu’un parcours de la nouvelle licence ISPEF vient faire concurrence à la licence de sciences du langage. On doit ici déplorer l’urgence dans laquelle ces maquettes ont été élaborées et l’absence de concertation entre composantes, amenant à une offre de formation redondante au sein même de notre établissement, à l’heure où la chasse aux doublons paraît de mise à l’échelle du site. On retiendra aussi de cet ordre du jour une annonce assez surprenante concernant les travaux entrepris dans le bâtiment K du campus Porte des Alpes. Nous nous réjouissons évidemment que ces travaux puissent enfin être engagés. Nous nous inquiétons en revanche que le projet initial ait déjà été amputé d’un étage pour des raisons budgétaires. Nous apprenons avant même le démarrage de ces travaux que le nouveau bâtiment n’aura pas la capacité nécessaire pour toutes les activités de formation et de recherche qu’ils devraient accueillir…

 Le conseil a également refusé d’approuver une convention dont le montage bien peu régulier semblait avant tout permettre à une entreprise de bénéficier de « prestations » à bas coût par des étudiants de l’université. Nous ne pouvons que nous réjouir que de telles pratiques aient pu être relevées par la Dajim et remises en cause par notre conseil. Elles nous incitent à être particulièrement vigilants sur ce type de conventions dans un contexte où les universités sont précisément sommées de répondre à des attentes ou des besoins émanant du monde de l’entreprise. La professionnalisation ne saurait devenir un prétexte à une marchandisation de nos activités et à une remise en cause de nos missions de service public.

Vos élus Pour une Autre Université au CA

Nathalie Dompnier & Jim Walker

(*)Voir le droit de suite de PAU, « une rentrée sous le signe de l’indignation… et de l’indignité ! », pour le CA du 27 septembre 2013 que le président avait quitté brutalement, en cours de séance.

(**) Profession de foi PAU pour la candidature à la présidence, en avril 2012

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