Motion sur le projet de réforme de la loi LRU – CS UL2 11/02/13

motion(proposée par les élu.e.s PAU) – relayée par Sauvons la Recherche et Sauvons l’Université

Les élu-e-s au Conseil scientifique de l’Université Lyon 2 s’associent pleinement aux inquiétudes manifestées dans diverses instances représentatives de la communauté universitaire au sujet des orientations qui se dégagent des rapports, mesures et recommandations ayant suivi les Assises nationales (rapport du député J.-Y. Le Déaut, avant-projet de la future loi pour l’ESR).

Plus précisément :

  1. ils déplorent que, loin de réintroduire de la collégialité dans le processus de décision, le projet actuellement envisagé accentue l’affaiblissement des instances élues, soit par le maintien du rôle strictement consultatif de la nouvelle instance fusionnée CEVU/CS, dite « Conseil académique », soit par occultation (CNU, CNESER), soit par recours au mode de la désignation au lieu de l’élection (personnalités extérieures ou qualifiées dans les CA ; membres du Haut Conseil à l’Évaluation – remplaçant l’AERES).
  2. Ils réaffirment l’importance fondamentale des missions du CNU dans la gestion des carrières des enseignants-chercheurs, leur attachement à la procédure de qualification, garante d’un cadre national des campagnes de recrutement et de la carrière, et refusent, pour les mêmes raisons, de voir disparaître l’habilitation à diriger les recherches (HDR).
  3. Ils expriment leur opposition à toute procédure d’évaluation individuelle récurrente et systématique des enseignants-chercheurs.
  4. Ils soutiennent que les seuls niveaux pertinents pour la recherche fondamentale sont les niveaux national et international. Ils s’inquiètent de la disparition du cadrage national des diplômes, en particulier d’une série de mesures annoncées, comme la réforme du CAPES et du Master enseignement, du caractère indifférencié des premières années de Licence, conduisant à affaiblir le contenu disciplinaire de la formation universitaire au profit de stages non rémunérés et au nom d’une professionnalisation précoce et incertaine.
  5. Ils estiment que la coupure qui se dessine entre enseignement et recherche, voire entre enseignants et étudiants par le biais de l’enseignement numérique généralisé, dénaturerait l’institution universitaire, serait préjudiciable à l’enseignement, à la recherche et surtout aux étudiants.
  6. Ils s’inquiètent aussi de la part grandissante dévolue aux régions dans le pilotage de la recherche, au risque d’en infléchir les orientations dans une perspective utilitariste. Ils rappellent que la recherche ne saurait être purement marchande ou technique sans porter préjudice à moyen ou à long terme à l’innovation, à la culture et à la visibilité internationale des chercheurs. C’est pourquoi ils déplorent que le projet de loi ne s’engage pas à rétablir des financements pérennes majoritairement récurrents, seuls garants de l’indépendance scientifique.
  7. S’ils se réjouissent de la reconnaissance du doctorat comme expérience professionnelle, ils s’inquiètent de l’intolérable situation de précarité dans laquelle se trouvent nombre de jeunes chercheurs.
  8. Ils se déclarent en faveur de la réintégration de la masse salariale dans le budget de l’Etat, qui est l’unique moyen d’assurer un statut de fonctionnaire d’Etat à l’ensemble des personnels.
  9. Ils rappellent, enfin, leur attachement à un service public de qualité dans l’ESR.

Motion votée à l’unanimité (1 abstention), par le Conseil Scientifique de l’Université Lyon 2 le 11/02/2013.

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