Une Université avec des responsabilités et compétences élargies, mais sans démocratie ?

Alors que le Conseil d’Administration n’avait pas approuvé, le 1er juillet 2011, le passage anticipé aux Responsabilités et Compétences Elargies (RCE), le Président André Tiran a décidé d’organiser un nouveau vote sur le même sujet ce vendredi 18 novembre. Après avoir empêché, lors de CA précédents et à plusieurs reprises, les élus de soumettre au vote des motions dont le contenu ne lui convenait pas, le Président a donc décidé de faire « revoter » le passage aux RCE, bafouant de fait le vote exprimé par la communauté universitaire le 1er juillet. Bien entendu, le Président n’a jamais appliqué cette démarche – que nous estimons être un véritable déni de démocratie – à d’autres votes, notamment celui concernant la réforme de la mastérisation (pourtant entérinée en 2009 à une voix près). Ce déni de démocratie a créé au sein de notre université un climat tendu, voire de l’exaspération.

Les élus de la CGT, de la FSU et de PAU ont participé au CA avec la ferme volonté de continuer à combattre ce passage anticipé aux RCE, présenté par la Présidence comme une nécessité absolue alors que le nombre d’Universités déjà passées aux RCE et qui rencontrent actuellement des problèmes budgétaires graves ne cesse d’augmenter. Le Président a refusé de soumettre au vote la demande des nos organisations syndicales sur l’organisation d’un premier vote indicatif des seuls élus de la communauté universitaire (usagers et personnels) afin que le choix, lourd de conséquences, ne nous soit pas imposé seulement grâce aux voix en ce cas décisives – souvent avec un vote par procuration – des personnalités extérieures.

Suite à un rassemblement organisé par des étudiants au bas du bâtiment où siège le CA et aux débordements qui ont suivi, un élu étudiant de la FSE n’a pu rejoindre le CA car les portes d’accès au bâtiment étaient bloquées par des agents de sécurité d’une société privée appelés à la rescousse par le Président. Si nous condamnons, sans aucune ambiguïté, les violences envers les collègues du service incendie ainsi que des dégradations matérielles, nous estimons que le déni de démocratie de la Présidence a été un facteur déclencheur de la colère des étudiants.

Les élus CGT-FSU-PAU ont demandé en séance :

  • que l’élu FSE soit autorisé à rentrer au CA
  • s’il était exact que le Président Tiran venait de faire appel aux forces de l’ordre – ce que le Président a confirmé
  • qu’un vote indicatif soit organisé sur le passage anticipé aux RCE en ne comptabilisant que les voix des seuls élus dont la communauté universitaire s’est dotée

N’acceptant pas de siéger sous contrôle de vigiles privés (dont le recrutement représente un coût non négligeable pour Lyon 2) et des forces de l’ordre, n’acceptant pas que des élus au CA ne puissent siéger et estimant que les conditions de vote étaient en tous points contraires aux exigences minimales d’une vie démocratique, les élus CGT-FSU-PAU ont décidé de cesser d’assister à cette mascarade de démocratie et ont quitté le CA pour exprimer leur protestation.
Les conditions de ce « deuxième » vote sur les RCE augure bien mal de ce que sera l’Université qui nous attend dès demain : une Université sans place pour une expression contradictoire ?

Les élus CGT-FSU-PAU du Conseil d’Administration

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