Non à l’externalisation des personnels d’entretien à Lyon 2 (pétition)

La Présidence de Lyon 2 s’apprête à « externaliser » les activités de ménage et de nettoyage dans la plus grande discrétion ; cette nouvelle a été annoncée par le Secrétaire Général adjoint il y a quelques jours. Comme d’habitude, les grandes décisions préparant l’avenir de l’Université dans le cadre du nouveau régime des « compétences élargies » sont prises sans aucune consultation des instances élues, dont le Conseil d’Administration (qui administre de moins en moins). Si cette mesure s’inscrit servilement dans la logique d’autonomisation financière voulue par le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, elle contribue à affaiblir notre Université en tant que service public et fait payer le prix de cet affaiblissement aux plus fragiles d’entre nous.
En privatisant cette activité, l’Université espère récupérer l’équivalent de 46 emplois à temps plein : de quoi non seulement assurer le passage de 70% à 100% pour certains personnels contractuels (un engagement du candidat à la présidence André Tiran), mais aussi, peut-être, payer le « ticket d’entrée » à l’Initiative d’Excellence (IDEX) ; en effet, le projet final voté le 16 mai par le CA du PRES, là encore dans la plus grande discrétion, stipule que chaque établissement engagé dans l’IDEX s’engage à mettre 10% de ses emplois vacants dans le pot commun de l’IDEX (alors que nous manquons cruellement de postes dans tous les secteurs). Dans le premier cas, il s’agit bel et bien de déshabiller les uns pour habiller les autres, et dans le deuxième cas, encore hypothétique, il s’agirait de s’assurer que les riches seront encore plus riches et les pauvres plus pauvres : d’un côté, des « pépites d’excellence » comme le veut la novlangue du PRES, vivant dans une certaine opulence ; de l’autre, le tout venant universitaire, privé du minimum vital d’existence.
Le résultat immédiat de cette opération de privatisation est que des dizaines de personnes, déjà dans une situation de précarité, souvent en cours de réinsertion dans le monde du travail, vont être mises à la porte. CDD ou contrats aidés (CUI), ces personnes n’ont aucune garantie d’être réembauchées par l’entreprise choisie. Encore plus scandaleux, certaines de ces personnes ont bénéficié du passage de contrats à 70% à des temps pleins, pour aujourd’hui être licenciées.
Le résultat à plus long terme, ce sera plus de précarité pour les personnels assurant le ménage et le nettoyage, la soumission à la violence managériale du privé, et l’exposition à des conditions de travail indignes. L’externalisation est une des pires stratégies libérales pour faire peser tous les risques sur les plus pauvres et pour les empêcher de défendre leurs droits. Drôle de façon de réduire la précarité à l’Université que de reporter cette précarité sur des prestataires privés.
Les personnels et étudiants de l’Université Lyon2, signataires de cette pétition, dénoncent et refusent cette politique de privatisation ; ils expriment leur solidarité avec les personnels d’entretien, qu’ils soutiendront par des actions de mobilisation : assemblées générales, délégations dans les instances (p. ex. au CA du 27 mai), etc.
Lyon, le 25 mai 2011

Enfin, nous appelons à signer une pétition à l’adresse suivante. Nous avons déjà pu démontrer, avec la question de PERSEE, qu’une pétition nombreuse peut peser. Signez contre la privatisation de la précarité: http://9957.lapetition.be

FSU, PAU

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