Et si c'était maintenant que ça commençait ?

Réflexions de Sauvons l’Université sur le printemps 2009 des universités (source)

Le 10 août 2007 est promulguée la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités), adoptée à la sauvette le 1er août : prenant en charge cette élaboration hâtive, Madame Pécresse a pu croire longtemps que la rupture du paradigme universitaire qu’elle promouvait ainsi allait passer sans trop de difficultés. Certes, en octobre 2007, les étudiants engagent un mouvement dans une bonne moitié des universités françaises ; certes, ils sont soutenus çà et là par des universitaires et des collègues du personnel administratif ; certes, un vrai débat est lancé dans certains des syndicats et certaines des associations de l’enseignement supérieur et de la recherche dont l’une, SLU, voit justement le jour à cette occasion ; certes, le débat – et le combat – connaissent une nouvelle étape au printemps 2008 avec le mouvement lié à la remise en cause des organismes publics de recherche. Reste toutefois qu’il y a un an et demi, le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche ne s’était pas massivement saisi des questions posées par cette nouvelle loi. Pas plus qu’il ne s’était vraiment emparé l’année précédente des conséquences du Pacte pour la Recherche ou de la création des deux agences nationales (ANR et AERES), dont on allait vite percevoir le rôle essentiel dans le nouveau dispositif voulu par le gouvernement. Toutes celles et tous ceux qui avaient tenté de mobiliser leurs collègues durant cette période partagent sans doute ce constat.

Le premier semestre 2009 nous met devant une situation de nature profondément différente. On pourrait l’expliquer en posant que les acteurs de ce mouvement ont agi à la fois parce qu’ils étaient touchés en tant que personnes et parce qu’ils étaient atteints en tant que membres d’un corps. Du même coup, les conditions commençaient à être réunies pour que le dossier devienne politique aux yeux d’une bonne part des collègues concernés : comme dans tout agir politique, s’y sont croisés ethos individuel, conscience des droits et devoirs d’un groupe constitué et réinscription de l’université dans le champ social et politique. Pour beaucoup, et ce n’est pas un hasard, la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré a joué un rôle essentiel dans cette prise de conscience, parce qu’elle touche au cœur de la fonction sociale des universités, parce que s’y noue de manière évidente l’ensemble de ces dimensions. Dans un milieu éminemment individualiste, où toute explication des dynamiques et de l’idéologie mises en œuvre dans l’université est souvent perçue avec suspicion ou incrédulité et où la tension vers la recherche d’une « vérité scientifique » tend à gommer toute analyse politique du monde et de nos pratiques, ce regain d’action collective est riche de perspectives à moyen terme. Il pourrait déboucher sur une repolitisation du milieu universitaire. Il a d’ores et déjà refait de l’université un objet politique.

Ce qui a changé ou l’irruption du politique dans le débat universitaire

Au terme de quatre mois de mouvement, nous devons admettre que nous ne sommes pas parvenus à bloquer la dynamique des projets ministériels. S’agit-il d’une défaite ? Le mouvement reprendra-t-il, et sous quelles formes, à la fin de l’été ou plus tard ? Telles sont les deux questions principales posées de façon récurrente depuis le début du mois de juin par tous ceux qui ne se satisfont pas d’être enfin sortis d’une situation que plus personne ne contrôlait vraiment.

Le propos qui suit entend moins répondre à ces deux questions que revenir sur ce qui importe peut-être tout autant que ces réponses, dès lors que la fin de cette histoire n’est pas encore écrite. L’évidence de la dimension politique de ce qui s’est passé s’est imposée à une bonne part des acteurs de la mobilisation, ce qui représente une rupture étonnante par rapport à deux attitudes caractéristiques de notre société, qui n’épargnent pas la communauté universitaire.

D’abord, la tendance à qualifier de « politique » toute logique revendicative globale, au sens négatif de « partisan », d’« illusoire », voire d’« idéologique », comme s’il s’agissait là d’une sorte d’aberration, de grossièreté, inconvenante entre gens de bonne compagnie soucieux de l’avenir de la science et de sa transmission. Ensuite, l’usage impensé d’un faisceau de notions constitutives d’une nouvelle doxa, en particulier ministérielle : « autonomie », « gouvernance », « professionnalisation », « compétition », « classements, » « responsabilité », « société de la connaissance », « compétences », « évaluation », « excellence », « modernisation », « innovation »… Généralisés de façon insidieuse, ces concepts forment un système de valeurs qui, quasiment naturalisé, finit par relever d’un état de fait excluant l’hypothèse et le débat. Le refus de généraliser dans un cas et l’adhésion à une généralisation abusive dans l’autre contribuent depuis longtemps, chacun à leur place, à la dépolitisation du discours sur l’enseignement supérieur et sur ses réformes éventuelles.

Dès lors, la méfiance à l’égard du « politique » ainsi conçu tend à faire de la réflexion sur l’université l’affaire des seuls spécialistes de l’administration, voire – pire ! – à la restreindre à la gestion de la vie universitaire, dans laquelle dominent le discours de l’expertise et l’apparente neutralité technique du constat froid et indiscutable, ne tolérant aucune élaboration collective. L’apparente rigueur des chiffres remplace ainsi la pensée critique, le « bon sens » et les bons sentiments se substituent à l’analyse contradictoire, la morgue des certitudes solitaires à la délibération, trop lente au goût des gouvernants. La réalité doit être simple : il faut faire croire que rien n’est politique dans cette affaire, que tout relève du seul souci de la bonne utilisation des deniers publics, de l’efficacité et du classement légitime des compétences.

C’est justement cet édifice prétendument naturel qu’a remis en cause le mouvement dans les universités du premier semestre 2009. Et il l’a fait d’une façon doublement inattendue : par le nombre des interventions et par leurs formes. On voulait présenter la « fronde » ou la « grogne » (selon deux termes péjoratifs, récurrents dans les articles de presse pour qualifier tout mouvement social) comme un caprice de privilégiés ne se souciant que de leurs avantages acquis, un mouvement opposant des « décideurs » responsables, soucieux du bon fonctionnement de l’institution, à une corporation brouillonne, unie par l’agrégat de ses intérêts individuels. En réalité, des pages d’analyses, des discussions continues, des échanges nourris ont précisé toujours plus de quoi il retournait. Des milliers d’universitaires ont commencé à parler d’autres choses que de la répartition de leurs enseignements, du niveau des étudiants ou de la nature de leurs recherches en cours. Au gré de ces échanges, le caractère politique des « réformes » a été plus nettement affirmé. Compte tenu de la syndicalisation très minoritaire dans le milieu universitaire, une telle réaction a trouvé en tâtonnant ses propres formes, souvent inédites : des expressions collectives – éphémères, mais régulières – de la communauté et, simultanément, une profusion d’interventions individuelles nourries par une inventivité rare. Ces formes ont, non sans quelque paradoxe, proclamé une aspiration légitime à une certaine radicalité (arrêter le fonctionnement de l’université, bloquer tel ou tel lieu public, lancer des happenings en direction des rectorats, des gares ou des péages d’autoroute) et admis dans un même temps son impossibilité (elle eût été contraire à l’unité large du mouvement mais aussi – et c’est un point qui mérite d’être questionné – à l’idée que nombre de ses participants se font d’eux-mêmes).

Dans ce mouvement, on a donc beaucoup créé, pensé, écrit, envoyé, reçu, lu, critiqué, marché,… tourné. Nous sommes incapables aujourd’hui de dire quelles idées fortes resteront ; nous ne savons pas encore comment penser l’articulation entre ces idées et les actions futures. Il n’en demeure pas moins que cette production foisonnante a sans doute changé les données de la situation. Beaucoup d’entre nous, dans l’inexpérience même d’un mouvement qui n’avait pas de précédent, ont appris de leurs hésitations et de leurs erreurs mêmes : c’est d’ailleurs là sans doute la première des réponses à donner à ceux qui s’interrogent sur ce qui restera de ce « printemps des universités ». Très vite, les débats ont dépassé la simple question statutaire, contrairement à la présentation univoque faite d’emblée dans de nombreux media – et peut-être aussi, il faut l’admettre, contrairement aux premières motivations de certains participants au mouvement. Ces débats se sont élargis à l’université en général, ils ont inscrit les « réformes » du moment dans une histoire longue, ils les ont confrontées à des bouleversements analogues touchant d’autres secteurs (l’éducation nationale, l’hôpital, la justice, la poste). A côté du statut des enseignants-chercheurs se sont imposés d’autres dossiers et, contrairement à ce que l’on aurait pu craindre, cet élargissement du débat n’a pas pris la forme d’un catalogue de revendications infinies. Il a précisé le récit politique dans lequel l’épisode statutaire devait s’inscrire. Quelques idées force ont été reprises par ce mouvement de manière plutôt consensuelle. Une interprétation globale des événements s’est dégagée, dont découlait une conclusion alarmante : l’université était aussi l’un des lieux où se déployait une politique plus générale et polymorphe de destruction programmée de la tradition républicaine de service public. Si cette explication donnait sens à ce qui se passait, elle rendait symétriquement le conflit plus aigu.

Prémisses à de nouvelles analyses

La réaction du monde universitaire, qui a pu être taxée de corporatiste, renvoie d’abord, chronologiquement, à la prise de conscience de l’existence d’une crise sociale profonde dans l’université, liée aux conditions de travail et de rétribution – la perte de leur pouvoir d’achat – autant qu’à la fonction symbolique des universitaires. La rupture de ce pacte républicain suivant lequel, en échange de l’acceptation de conditions salariales et matérielles peu favorables, la liberté de recherche et d’enseignement était garantie, a renforcé des positions plus radicalement politiques, au sens premier du terme renvoyant à l’inscription du propos dans l’analyse des nécessités, des droits et des devoirs liés à l’appartenance à une communauté civique. Au passage, on a commencé à revenir sur des causalités que l’on avait refusé de prendre en compte jusqu’alors. Il a été ainsi admis que la source de ce que nous refusions se trouvait dans les logiques mises en place dès le Pacte pour la Recherche puis dans la loi LRU (Libertés et responsabilités des universités). On a mieux compris en outre que la LOLF (Loi d’orientation relative aux lois de finance), appliquée depuis 2006, avait largement contribué à imposer des processus de gestion administrative délétères, renforçant des logiques d’arbitrages budgétaires et de concentration des systèmes d’information et de décision qui nourrissent la compétition entre les individus. Ainsi ont pu être lues ou relues différemment les injonctions de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), les préconisations du processus de Bologne (1999) et de la stratégie de Lisbonne (2000). Il est apparu du même coup que l’ensemble de ces textes et de ces dispositifs avaient une part essentielle dans la gestion ministérielle de l’université française, qui consiste à appliquer les critères d’évaluation de la valeur marchande immédiate à un domaine qui ne produit à court terme que des biens immatériels. Le remodelage hâtif d’une partie du système français d’enseignement supérieur et de recherche à partir de références contradictoires, relevant de cultures et d’expériences radicalement hétérogènes, n’a en fin de compte abouti qu’à produire des structures et des pratiques hybrides, bien moins efficaces que celles qui prévalaient auparavant. En outre, probablement parce qu’elles concernent simultanément l’enseignement supérieur, la recherche, et l’éducation nationale, depuis la maternelle jusqu’au lycée, les « réformes » ont fait apparaître plus nettement que jamais la nécessité de penser la formation des élèves et des étudiants comme un tout.

L’ensemble de ces analyses ne s’est pas pour l’essentiel développé à partir d’a priori empruntés à des questionnements portant sur d’autres objets : il a été construit à partir des textes et de la mise en série critique des données publiques sur l’université dont nous disposions. Du même coup, loin d’être arraché à son espace originel (l’université), le mouvement de mobilisation a fait émerger une synthèse qui montre le système idéologique à l’œuvre dans ces « réformes » et le caractère irréductible de ce même système aux valeurs que nous entendons défendre et promouvoir. Cette prise de conscience interdisait sur le plan tactique d’accepter la discussion de chaque dossier au cas par cas (puisque rien ne servait d’en régler un si les autres restaient en jachère) mais, surtout, elle battait en brèche le consensus mou portant l’idée de la « nécessaire réforme » de l’université. Par là même, le discours polymorphe du mouvement se substituait, sans que cela ait été prévu, ni pensé (et donc sans que quiconque y fût prêt…) au discours en définitive inexistant de l’opposition politique officielle au gouvernement en place.

Une des ambivalences et une des faiblesses de notre mouvement a sans doute tenu à cette repolitisation brutale, donc lacunaire et partielle, qui a dû se passer de relais politiques classiques et qui s’est construite hors d’une pratique organisationnelle de type syndical forte. Mais cette faiblesse peut être aussi la nouveauté de ce mouvement et son éventuel avenir. Les universitaires ne peuvent prétendre à un monopole de la réflexion sur eux-mêmes et l’université, mais ils ont contribué à dévoiler les motivations du gouvernement et ont donné une place à ce sujet dans l’agenda de la politique française.

Penser la représentation

Au travers de ce qui s’est passé ces derniers mois dans l’enseignement supérieur et la recherche (à quoi on peut ajouter les réactions de nombreux collègues de l’enseignement primaire à la brutalité des différentes réformes voulues par Xavier Darcos), il est clair que, pour la première fois depuis longtemps, la droite française met en œuvre son projet de restructuration radicale de l’ensemble du système d’enseignement en France. Ainsi, l’un des vrais acquis de notre combat a été de faire apparaître le caractère central de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré. En s’attaquant aux sciences fondamentales, aux lettres et sciences humaines et aux IUFM, ce projet entend non seulement éliminer des « maillons faibles » du système éducatif, mais surtout retrancher de la fonction publique les enseignants – qui en constituent la majeure partie, mais ne sont pas une des clientèles électorales traditionnelles de la droite française. S’appuyant sur la double dualité de notre système d’enseignement supérieur – universités / grandes écoles, public / privé – qu’il renforce, le gouvernement est animé par une forme de mépris à l’égard de la culture et donc de pans entiers, non productifs à ses yeux, de l’université (La Princesse de Clèves en étant devenue la métaphore inattendue), il utilise le discours réformiste pour attaquer de front les disciplines critiques que sont les sciences humaines et sociales, et il favorise activement la croissance du secteur privé, catholique ou non, dans l’enseignement supérieur.

Pour le gouvernement, la « réforme » n’est donc en réalité pas, contrairement à ce qu’il claironne, une nécessité administrative et le changement ne relève pas simplement d’une décision de « bon sens » et de retour à une rationalité de bon aloi. Le président de la République le dit très bien lui-même quand il fait de cette « réforme » la plus importante de son quinquennat, une priorité absolue et une urgence tellement impérieuse qu’elle a pu justifier toutes les précipitations et tous les raccourcis législatifs. Aucun état des lieux n’a été fait, qui eût replacé l’université dans les systèmes français et européen de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui eût posé à l’ensemble de la société la question de la place et des objectifs assignés aux universités, notamment à l’égard du monde du travail.

Mais les réflexions produites pendant ce mouvement ont rendu impensable pour les principaux intéressés, les membres de la communauté universitaire, que les « réformes » s’appliquent sans qu’ils soient consultés et consentants : ce serait là abdiquer leur fonction essentielle d’analyse de ce qu’ils font et de ce que l’on fait au système d’enseignement supérieur français. La méthode du gouvernement (faire tout en même temps, très vite et sans poser les termes collectifs du problème, ni négocier quoi que ce soit) a contribué ainsi à délégitimer gravement l’ensemble de l’édifice législatif récent et à faire d’une négociation globale l’exigence collective d’une profession, pour partie révulsée par la nature des bouleversements que l’on fait subir à l’université, pour partie indignée de la façon dont elle est traitée. Seule cette négociation globale pourrait rendre légitime une réforme de l’université, elle pourrait seule faire cesser cette lente dérive vers une « douce tyrannie ».

Cette exigence de négociations nous a confrontés au problème de la représentation du mouvement. Nous avons souffert des faiblesses de nos forces – un mouvement ample, protéiforme, sans base syndicale large, unie et solide – tout autant que de la détermination de notre adversaire. Comme l’ensemble de la société, l’université et ses organisations représentatives sont prises dans la tendance à donner la primeur aux individus et à la protection de leurs carrières plutôt qu’à une conception collective de leurs fonctions sociales analogues comme membre du même corps. De ce point de vue, pas plus les syndicats que les associations ou les tenants du discours sur la « dignité » blessée des universitaires n’étaient en mesure de construire l’efficacité politique d’une action collective.

L’amertume, les interrogations, la rage et les espoirs de ces derniers mois ne visaient pas, par un réflexe conservateur, à sauver la vieille université, qui n’existe plus depuis longtemps. Le mouvement a pris conscience de ce qu’est l’université aujourd’hui et a tenté d’ouvrir des pistes permettant de penser son futur et celui de la fonction sociale des universitaires. La massification de l’université a eu lieu ; elle a transformé profondément sa réalité matérielle mais aussi nos pratiques, nos analyses et parfois, malheureusement, notre perception du bien fondé d’un accès large à l’enseignement supérieur. Cette réaction ambivalente tient à ce que les conséquences de la hausse du nombre d’étudiants et de l’évolution de leurs caractéristiques n’ont pas été pensées collectivement. Or, la question qui émerge peu à peu de la réflexion que les universitaires ont débutée au printemps ne porte pas sur le fait de savoir si l’université accueillerait trop de jeunes gens mais sur les conditions nécessaires pour qu’elle continue de le faire en demeurant l’université. L’université doit permettre un accès encore élargi de groupes sociaux nouveaux à l’enseignement supérieur, et accomplir par là les promesses de sa démocratisation inachevée. Cela passe, entre autres, par le développement de pratiques démocratiques dans les relations entre ses acteurs et par un engagement à repenser collectivement la production et la transmission du savoir et des connaissances dans la société.

[| ***|]

Ces longs mois ont donc permis d’engager un processus de réflexion sur ce que pourrait être une autre université. C’est en partie dans cette nouveauté et cette altérité que réside l’enjeu de la repolitisation du dossier qui est ici notre propos. Il n’y aura pas de véritable réflexion sur les moyens de réformer l’université sans prise en charge du caractère nécessairement politique d’une telle réflexion. Pas plus qu’on ne saurait réduire l’action politique à la manifestation ou à la rue, on ne peut réserver la réflexion à la sphère purement intellectuelle, séparée des mouvements sociaux, pour la proposer ensuite comme discours d’expertise à ceux qui seraient les véritables acteurs de la réforme – le pouvoir exécutif, l’administration. De même que le discours d’expertise ne peut être réservé à quelques sommités plus ou moins proches des réalités universitaires, le discours de l’action politique ne saurait être capté par les rhéteurs de la radicalisation. Toute polarisation des lieux, des formes et des organisateurs du débat continuerait à laisser à l’extérieur de celui-ci la majorité des acteurs de la mobilisation.

Redonner sens au politique, sur la foi de la prise de conscience qui s’est opérée, c’est réinvestir tous les moments et lieux de la vie universitaire et sociale. C’est continuer sans relâche d’offrir une pensée critique aux étudiants. C’est enfin, tirant les leçons des mouvements de ces dernières années, réfléchir au rapport entre la réflexion sur l’université et ce à quoi elle sert, de manière à ne pas laisser au seul pouvoir exécutif la responsabilité de traduire en termes politiques les problèmes de l’enseignement supérieur et de la recherche, et plus généralement du système d’éducation publique en France. Cela impose donc non seulement de construire la force politique d’une réflexion collective, mais aussi de prendre constamment en charge les propositions, les lieux d’où elles viennent et les usages qui en sont faits.

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